Paysage...HirondellesPaysages Du nord au sud une immense forêt où prédomineraient, ici les conifères, là les feuillus, une immense forêt mitée de lacs et d'étangs profonds, uniquement sillonnée de rivières et de fleuves turbulents puis apaisés, une immense forêt d'où émergeraient quelques échines montagneuses territoire de la pelouse alpine, du roc et des neiges éternelles, voilà, sans doute, à quoi ressemblerait, aujourd'hui, une France vide d'habitants. C'est, certainement, à quelques nuances près, un tel paysage qu'ont eu sous les yeux, avant de retrousser leurs manches, les premiers acteurs de la révolution néolithique. 6000 ans avant le présent la hache du bûcheron, la dent du ruminant domestiqué et la houe puis bientôt l'araire vont commencer à modifier l'aspect du territoire post paléolithique faisant peu à peu reculer les surfaces boisées au profit des prairies et des champs comme, quelques milliers d'années plus tôt, la régression des glaciers et l'élévation de la température moyenne avaient favorisé la colonisation arbustive. Le poids de la démographie et le choc des techniques disputent dorénavant au climat sa mainmise exclusive sur le cadre physique de la vie des hommes. Pour artificiel qu'il soit le nouveau paysage va néanmoins favoriser l'explosion de la biodiversité naturelle et s'enrichir de milliers d'espèces botaniques et animales qui, jusqu'alors, pour cause d'incompatibilité, s'étaient maintenues à bonne distance du domaine sylvestre. Au bout du compte, à ce partage de l'espace et à cette cohabitation sans grands heurts, tout le monde, pendant longtemps ne trouvera que des avantages.
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« Comment faisaient les hirondelles pour se rassembler, à l'entrée de l'automne, avant que ne soit déployé le réseau des lignes téléphoniques ? » La plaisanterie est éculée ; elle fit sourire d'abord car, reflétant une image tendre et familière, elle traduisait l'étroite proximité affective entre l'homme et l'oiseau dont la nidification sous l'avant-toit d'une demeure ou au plafond d'une grange ou d'une étable était gage de chance et de bonheur. En cette avant-veille de départ pour le continent Africain elle attriste plutôt car de premiers regroupements en colonies exsangues attestent la diminution spectaculaire des effectifs de l'hirondelle de fenêtre et de l'hirondelle rustique. La première aurait perdu, en 15 ans seulement, plus des 2/3 de sa population, la seconde 34%. La faute à qui ? à tous ceux qui ravalent la façade de leur habitation et détachent les nids, qui ne supportent plus la boue, matériau de construction essentiel, qui épandent à tire-larigot des tonnes d'insecticides et de pesticides … à tous ceux enfin qui ferment les yeux devant ces comportements c'est à dire nous tous. La réponse à ce drame écologique est toute trouvée : enterrer les lignes ! La politique de l'autruche appliquée à la disparition d'une de nos plus adorables compagnes.
Article ajouté le 2005-08-28 , consulté 243 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " ENVIRONNEMENT - ECOLOGIE "Retour aux articles |
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