Chasse : des cosmos pour des lanternes

Des cosmos pour des lanternes

 

 

     « Le vingt et unième siècle sera médiatique ou ne sera pas » aurait pu déclarer - sinon déplorer - André Malraux qui, en matière d'esbroufe, en connaissait un rayon. Les chasseurs de Dordogne, sont loin, quant à eux, d'être en reste en matière de poudre aux yeux et de manipulation médiatique. Ils ont récemment convié l'ensemble de la presse locale (sauf le Périgourdin qui s'interroge toujours sur les raisons profondes de cette mise à l'écart) pour lui intimer, avec succès, de porter à la connaissance du grand public cette vérité première ; ils sont surtout et avant tout des écologistes ! Et ils le prouvent : leur objectif primordial étant, comme nul ne l'ignore, la sauvegarde de la biodiversité de nos espaces ruraux ils mettent la main à la pâte et s'investissent dans la création de jachères fleuries. Sur 8 hectares de plates-bandes situées en bordure de diverses routes périgourdines, et donc visibles de tous puisque c'est là la finalité de l'opération, la fédération départementale a financé partiellement des semis  de zinnias, cosmos, bleuets…  fleurs destinées aux hyménoptères butineurs, aux papillons et aux insectes dont raffoleraient, selon eux… les perdrix et faisans d'élevage, lâchés dans la nature l'avant veille du grand massacre. Ces volatiles de basse-cour n'ont-ils pas, en effet, été nourris de la sorte dans leurs enclos grillagés ?

 

      Plus pragmatiquement, les 720 autres hectares faisant l'objet d'une valorisation, à des fins cynégétiques, des jachères subventionnées PAC, sont, eux, dévolus au maïs, au tournesol, au sarrasin ou à la luzerne… ressources alimentaires appréciées des sangliers et des chevreuils… lesquels constituent le gibier favori des adhérents des ACCA. (*)

 

      Engagés dans cette « aventure de la jachère fleurie » et de plus que jamais déterminés à sauvegarder  la biodiversité régnant dans leurs terrains de jeu les chasseurs pourraient bien ne pas s'arrêter en si bon chemin ; n'auraient-ils pas l'intention de réintroduire, dans nos sous-bois et forêts, le lynx et le chat sauvage ? N'envisageraient-ils pas, usant de toute leur influence, de faire classer espèce protégée le renard statut dont jouissent actuellement tous nos rapaces hexagonaux dont le sort les préoccupe tant ?

    

     Entre prédateurs il n'y a effectivement aucune raison de se faire la gueule !

 

Ch.C

 

(*)(Comme le pluriel, la biodiversité  ça commence à partir de deux… quadrupèdes !)

 

 

 

 

 

 



Article ajouté le 2005-08-30 , consulté 223 fois

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