Le pigeonnier rupestre d'ArgentineLE PIGEONNIER RUPESTRE D'ARGENTINE Des pigeonniers rupestres, on n'en connaît guère que quatre en Dordogne ; le premier d'entre eux a été répertorié à Saint-Léon-sur-Vézère. La commune de Brantôme abrite les deux suivants, toujours visibles derrière l'abbaye et, plus à l'ouest, en contre-haut du moulin de Grenier. Le dernier de la liste, creusé dans la falaise qui se dresse, en rive gauche de la Nizonne, au sud-ouest du bourg de La Rochebeaucourt, est celui d'Argentine. Rarement cité dans la littérature spécifique, cet ouvrage s'avère tout particulièrement intéressant.
A 150 mètres de l'église romane d'Argentine et à proximité du vaste ensemble troglodytique dont les sarcophages et silos furent fouillés sommairement, en1881, par l'archéologue charentais G. Chauvet, il a été aménagé aux dépens d'une cavité karstique. Celle-ci, apparue à l'intersection d'un large joint de stratification horizontal et d'une diaclase verticale, a déterminé la formation de l'orifice d'accès actuel et celle d'un porche vertigineux qui surplombe de 11 mètres le pied de la falaise. A la base, grossièrement carrée, du puits d'entrée profond de 3,50 m, un seuil réservé dans la roche encaissante fait office, côté vide, de garde-fou. Juste en face, une salle souterraine d'à peine 10 m² se développe au-delà d'un porche haut de 2 m que souligne une arcade surbaissée sculptée, en légère saillie par rapport à la voûte. A l'aplomb du puits, dont l'orifice fut, sans doute, initialement surmonté d'une construction pourvue de toiture, la zone vestibulaire présente un premier groupe important de boulins : ses parois en comptent 69 soit plus des 2/3 des logettes rupestres destinées aux pigeons dénombrées dans tout le colombier. De forme approximativement cylindrique ou cubique ces boulins dépassent rarement 20 cm de profondeur et, du niveau du sol - pour la paroi occidentale surtout - jusqu'à 1,60m de hauteur ils se répartissent en rangées numériquement inégales et légèrement décalées les unes par rapport aux autres. La paroi orientale de la salle souterraine comporte une arcade aveugle plein cintre d' 1,40 m de hauteur qui est surmontée de 7 boulins supplémentaires. La paroi sud qui fait face au porche en recèle 8. A l'opposé de l'arcade aveugle une concavité conserve une logette isolée creusée à une hauteur d'1, 20 m. Répartis au-dessus et en dessous d'une corniche saillante 16 derniers boulins peuvent être comptabilisés en paroi nord. Le sol rocheux de la salle laisse apparaître, simplement ébauchées, 3 cuvettes rectangulaires dont la profondeur varie de 5 à 15 cm. Une dizaine de trous peu marqués peuvent avoir reçu la base de clayonnage de bois. Au cours des siècles beaucoup de cavités troglodytiques ont fait l'objet d'aménagements successifs répondant à des affectations différenciées ; Au vu de l'implantation sans grande logique des boulins il pourrait en être de même ici. Rien de probant, cependant, ne permet d'affirmer que l'usage de pigeonnier ait été le dernier attribué au site…pas plus que le premier d'ailleurs ! Sa date d'abandon, en revanche, paraît mieux assurée : quelques éléments mobiliers céramiques recueillis, avec un double-tournois frappé en 1642, au sommet d'un dépotoir comblant partiellement le puits d'entrée, permettent de la rapporter au XVIIème siècle.. Christian Carcauzon
Le pigeonnier rupestre du Claud ou du moulin à vent (Cercles)
Le pigeonnier rupestre du moulin de grenier (Valeuil)
Article ajouté le 2005-08-30 , consulté 350 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " ARGENTINE "Retour aux articles |
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