La VassaldieLa Vassaldie, un domaine viticole en Verteillacois Le vignoble Périgourdin n'a pas toujours été cantonné, loin de là, aux rives de la Dordogne ni réduit aux petits pays de Sigoulès, Monbazillac, Bergerac, Lamothe-Montravel ou Vélines. Au XIXe siècle, juste avant que la crise phylloxérique de 1880-1885 ne réduise des 9/10e la superficie des 107 000 hectares de terres labourables consacrées à la viticulture, d'autres secteurs géographiques produisaient depuis longtemps déjà des vins appréciés. C'était le cas de la région de Domme, de Sorges et surtout de Verteillac. Autour de ce gros bourg du Périgord Blanc, la vigne n'occupait pas moins de 4 340 hectares. Au dire des spécialistes, ce vignoble était composé de « vieux plants Français, de cépages nobles francs de pied. » De nombreuses exploitations se disputaient le territoire : certaines pouvaient atteindre 50 voire même 100 hectares. On assure que certains vins sortis des chais des vignerons de Goûts-Rossignol auraient eu l'honneur des tables royales. Peut-être en fut-il ainsi pour les récoltes provenant du château de la Vassaldie qui, d'ordinaire, trouvaient des débouchés sur le marché local (*) mais surtout en Limousin et dans les deux Charente. Au Nord-Est de Goûts-Rossignol, la Vassaldie est une belle propriété de 300 hectares au centre de laquelle fut bâtie, à la fin du XVIIe et au tout début du XVIIIe, la plus harmonieuse demeure de style Classique de la contrée. Magnifique exemple d'intégration paysagère réussie, le château couronne, entre deux vallons à peine esquissés, le faîte d'une douce colline d'où l'on découvre le moutonnement ininterrompu de champs soigneusement travaillés que se partagent, au fil des saisons, colza et maïs, tournesol et blé.
La Vassaldie, dont les actuels propriétaires, M. et Mme de Bonneville, semblent avoir bien du mal à faire admettre à de nombreux solliciteurs étrangers qu'elle n'est pas à vendre, suscite évidemment bien des convoitises. Emmanuel du Chazaud, qui lui a consacré une étude documentée, exalte la beauté des proportions, le rythme et la symétrie des volumes du monument historique inscrit à l'inventaire supplémentaire ; il lui paraît « magistralement classique : par la présence, facilement décelable, des trames régulatrices en façade et en plan, par la subtile ramification des tracés horizontaux, soubassement, bandeau mouluré soulignant la naissance du premier étage, corniches régnant sur l'ensemble, et des lignes verticales travées de baies, bossages des angles formant pilastres… ». La construction de l'édifice est généralement attribuée à Joseph de Vassal, issu d'une des grandes familles du Périgord qui vient d'ailleurs de fêter son millénaire. Le logis à deux niveaux est surmonté d'un fronton en demi-cercle. Il est pourvu d'un toit plat dissimulé par une balustrade de pierres qui court sur tout sa longueur. Il s'épaule sur deux pavillons latéraux chapeautés à la Mansart et percés de belles lucarnes. Se greffant en équerre sur ces deux pavillons, deux ailes de communs, à balustres et gargouilles, abritaient et dissimulaient autrefois les granges à froment et à foin, les ateliers, les écuries, le four à pain… mais surtout les chais. Jusque dans les années 50, on pouvait encore y trouver des alignements impressionnants de cuviers et de futailles. « A l'époque de sa splendeur économique, le domaine faisait vivre près d'une trentaine de personnes », expliquent les propriétaires. « Tous ne résidaient pas au château, beaucoup occupaient les fermes et métairies alentour. » Aujourd'hui, les chais et les granges ne bruissent plus de l'activité incessante des travailleurs occupés à accomplir les différentes tâches agricoles et artisanales qui avaient conféré à la Vassaldie un faux air de villa gallo-romaine. Dans une quiétude retrouvée, la demeure achève de panser les plaies que lui infligea la tempête de 1999. La restauration des toitures est désormais achevée, les cheminées remontées comme ont été obturées les brèches occasionnées dans le mur d'enceinte par la chute d'arbres séculaires. Le parc a retrouvé désormais tout son charme d'antan. Christian Alain Carcauzon (*) A Vendoire, bourg proche de la Vassaldie, le maire dénombrait, en 1835, 150 ivrognes sur le territoire de sa commune. Qu'en est-il aujourd'hui pour une population d'à peine 200 âmes ? Les fleurs de lys et le sang de la République En Périgord comme ailleurs, la Révolution échauffa les esprits. Les Ribéracois ne furent pas les derniers à manifester leur attachement au nouveau Régime (changer de maître distrait) et leur aversion pour les symboles de la royauté déchue. C'est ainsi qu'ils se rendirent en délégation à la Vassaldie pour faire disparaître du fronton du château les armoiries sculptées du seigneur de Vassal. Les girouettes fleurdelisées, fièrement dressées au sommet des pavillons latéraux, suscitèrent également leur hargne et leur courroux. Mais une longue marche depuis les rives de la Dronne avait asséché leur gosier… et à la Vassaldie le vin n'était pas la ressource la plus rare. Les tonneaux furent vite mis en perce et les libations se firent sans nul doute généreuses. Au point qu'au soir venu, jambes flageolantes et esprit embrumé, les excités renoncèrent à l'escalade des toits pour faire un sort aux girouettes. Aujourd'hui encore, les fleurs de lys continuent de tournoyer au gré du vent et en dépit de tous les aléas politiques.
Article ajouté le 2005-09-07 , consulté 290 fois Commentairesbernard le 06/02/2007 à 17:05:22bonjour voici plus de 50 ans que je passe mes congés à seguignas village d'origine de mon père (mr.constantin rené)né à la roche-beaucourt il y a plus de 80 ans tous ça pour vous dire que je cesse de rèver devant ce magnifique chateau de la vassaldie et tous les tresors qui se trouves dans cette commune et celles avoisinantes LiensVoir les articles de la catégorie " PATRIMOINE "Retour aux articles |
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