RosebudROSEBUB ( en hommage à Henri Grouès ) Le crapaud, tout petit, était sorti du caniveau… Il gelait à pierre fendre ; j'ai pensé qu'il avait froid. Tel Martin, que je ne connaissais point, je fendis, à défaut de manteau, mon mouchoir. En ce temps là, chaque jour, pour partir à l'école, les morveux étaient dotés d'un carré de cotonnade, uniformément blanc ou multicolorement rayé; et si le rhume s'installait il fallait le conserver, gluant, roulé en boule, tout au fond de la poche jusqu'au retour à la maison. Le partager était un sacrifice… que je fis sans trop réfléchir. Sur le dos variqueux du Juvénile batracien j'étendis la toile que j'espérais protectrice, mes oreilles hermétiquement closes à son étonnement subreptice, mon cœur d'amour dilaté pour cet être insensé magiquement transformé en puîné adoré !
Vers les 4h1 /2, les 16h30 m'ont été imposées beaucoup plus tard, remontant la ruelle conduisant à mon havre rayonnant de chaleur anthraciteuse je ne l'ai pas revu ! Avait-il affronté, sous sa cape tissée, les frimas de l'hiver 56 ou s'en était-il, sagement, retourné à la relative douceur de l'égout archaïque ? La question taraude mon esprit où elle maraude … depuis 48 ans ! Ch.C Article ajouté le 2005-09-07 , consulté 220 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " FABULETTES "Retour aux articles |
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