De la mauvaise gestion volontaire de nos poubelles
De la mauvaise gestion volontaire de nos poubelles
comme arme écologique.
En totale congruence avec nos idées et notre engagement écologiste nous pratiquions depuis de longues années le tri sélectif (bien que pléonastique) de nos déchets. Et nous n'avons pas attendu d'habiter depuis bientôt huit ans sur le plateau d'Argentine pour recourir assidûment au compostage. Des reliefs alimentaires aux rebuts végétaux rien, jusqu'à présent, n'aboutissait à la benne à ordures et au centre d'enfouissement ! Respectueux de l'environnement, soucieux de ne pas accroître le coût et la pollution engendrés par la collecte et le traitement de nos rejets nous avions pris l'habitude, dès qu 'elles furent mises en service, de déverser, bois, plastiques, ferrailles, verre ou papiers et cartonnages dans les différentes déchetteries environnantes : Brantôme, Nontron, Ribérac, Verteillac et enfin Mareuil. De la sorte il nous arrive fréquemment, alors que les tournées de ramassage ne sont qu'hebdomadaires sur le plateau, de ne sortir notre poubelle correctement triée qu'une fois sur 2, voire même sur 3 ou 4.
Il est vrai que plongés dans le dénuement, l'indigence, nous ne cédons guère, et pour cause, aux diktats d'une société fondée sur la consommation!
Aujourd'hui, pourtant, nous nous apprêtons à renoncer à ces comportements vertueux. Nos pratiques, en minorant globalement la hausse des factures, ne bénéficient, en réalité, qu'aux plus fortunés de la population, ceux dont le pouvoir d'achat traduit en acquisition effrénée de biens manfacturés leur permet, d'engorger jusqu'à l'asphyxie les sites d'enfouissement des Sictoms du département!
Le CG24 rechigne à mettre en place une taxation au poids et au volume des déchets engendrés par chaque foyer, chaque acteur économique. Calquant son attitude sur celle du pouvoir sarkozyste la bande à Cazeau répugne à faire de la peine à sa clientèle électorale et fait supporter aux plus pauvres les dérives consuméristes des nantis Nous qui désormais avons crevé le plancher de l'extrême pauvreté avons décidé, les dés étant scandaleusement pipés, de ne plus jouer le jeu !
Désormais nous cessons de pratiquer le tri sélectif. Nous ferons brûler nos plastiques, nos caouchoucs nos bois garnis de colles synthétiques à l'extérieur, comme le font tant et tant d'artisans. Nos bouteilles rejoindrons les sacs noirs comme les papiers et les cartons d'emballage.
Nous reviendrons à nos bonnes habitudes lorsque l'exécutif départemental appliquera cette simple règle : les pollueurs doivent être les payeurs.
Le tourisme est aussi facteur d'accroissement des rejets de toutes sortes de sanies. Or les résidents occasionnels ou en déplacement ne payent que rarement une taxe de séjour à la hauteur des nuisances engendrées par leur funeste présence : En conséquence il serait sûrement judicieux de ne pas s'opposer à la multiplication des décharges sauvages de déchets inertes mais visuellement repoussants pour les dissuader de fréquenter le pays de l'homme.
On sait pertinemment que nettoyer les plages après une marée noire ne bénéficie qu'aux hôteliers, aux restaurateurs et aux commerçants. Nettoyer les oiseaux mazoutés est un devoir impérieux, voler aux secours d'entrepreneurs umpistes ou caviardo gauchistesest en revanche une connerie monumentale !
La lutte contre la pollution visible est une arme de guerre anti-écologique… dans les mains de ceux qui sont les premiers tortionnaires de la nature.
Pour aboutir, le combat pour le respect total de l'environnement passe maintenant par la politique de la terre brûlée…
La mauvaise gestion volontaire de nos poubelles est aujourd'hui notre outil le plus efficace.
Ch.C le 21/2/09
En réponse à notre lettre quotidienne qui sera aujourd'hui ou demain mise en place sur http://argentine24.blog4ever.com nous avons reçu, hier soir, ce courriel, qui se veut pragmatique, de Gérard Charollois.
« Cher ami écologiste,
Permettez-moi une simple réflexion qui, connaissant votre perspicacité, n'a pas pu vous échapper.
Je souhaiterais comme vous une taxation au poids des ordures ménagères produites mais concrètement, les consommateurs n'étant pas majoritairement des citoyens, ce système provoquerait une fraude massive et des délestages de d'ordures dans la nature ou chez les voisins.
C'est la raison pour laquelle je suis réservé sur la mise en pratique de ce qui serait une simple mesure de justice et de bon sens.
Très cordialement. Gérard Charollois »
Cet argument nous le connaissons, bien évidemment et on nous l'a opposé cent fois. La dernière le fut par Jean-Paul Couvy, interrogé sur ce sujet, lorsqu'il vint à Argentine dans le cadre de la campagne électorale qui devait le porter au Conseil général en qualité de représentant du canton de Mareuil. Heureusement que le législateur a eu plus de courage lorsqu'il s'est agit d'interdire de fumer dans les lieux publics et les cafés, lorsqu'il a mis en place des limitations de vitesse ou qu'il a suivi les préconisations de Badinter en abolissant la peine de mort.
Bien sûr nous ne sommes pas dupes de la ferveur éco-citoyenne de la majorité de nos compatriotes et les dérapages pourraient, dans un premier temps se multiplier si jamais était mise brutalement en pratique la taxation au poids. Or il est un moyen bien simple d'obtenir de bons résultats ; c'est de rendre la mesure incitative à partir du coût moyen de la collecte et du retraitement. Les faibles producteurs de déchets verraient leur facture baisser ou simplement stabilisée quant aux autres ils ne bénéficieraient d'aucun bonus.et supporteraient seuls des augmentations rendues inévitables par leurs comportements irresponsables C'est, semble-t-il, le marché proposé aux automobilistes pour promouvoir les véhicules propres… enfin moins polluants ! Dans le même esprit certains envisageraient une tarification par tranches plus juste que l'actuelle en matière d'eau potable au profit de ceux qui en font une consommation restreinte ou modérée.
Reste que la multiplication des décharges sauvages de matériaux inertes n'aurait pas que des inconvénients : elle ferait fuir les touristes et leurs cortèges de sanies non taxées !
Ch.C le 22/2/09

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