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L’une d’entre vous, samedi dernier, m’a, avec raison certainement, reproché de ne plus la faire rêver, de ne plus l’étonner…voire même de l’agacer avec (certaines) de mes diatribes au vitriol ! Comme je comprends sa réaction moi qui n’aime rien tant que la douceur et l’harmonie qui me détournent heureusement parfois de la colère et des emportements belliqueux!

Cet après-midi Christine et moi, accompagnés de Cannelle qui, se damnerait (1) pour une balade dans les vastes prairies humides s’étendant au pied du promontoire septentrional du plateau d’Argentine, sommes allés à la rencontre du printemps.

Nous avons déniché ses estafettes quelque part, en un endroit secret que vous aurez, un jour quand vous le souhaiterez, l’occasion de découvrir en nous acceptant comme guides.

Sous les ramures bourgeonnantes des noisetiers , des saules et des frênes, à deux pas de la Nizonne qui, paresseusement tarde à s’appeler Lizonne (2) on les a tôt déniché : elles, les fritillaires pintades ces fleurs séduisantes et fragiles qui payent, de drainages en assèchements de leur biotope un lourd tribut au développement de l’agriculture productiviste !

Les crues hivernales de Janvier ne sont plus qu’un lointain souvenir et les berges de la rivière se sont ressuyées.  Dans la tourbe ces fleurs trop humbles pour se hausser de la corolle croissent à vue d’œil. Voilà venu pour elles, en ces temps de carnaval, le moment d’éclairer nos tristes et grises journées de la clarté de leur gracieuses lanternes vénitiennes rouge et blanc-jaune crème mélangés.

Il en est d’autres qui, écloses simultanément ,  ne sont pas davantage faites pour les  feux de la rampe  Ce sont les tussilages ou pas d’âne et les ficaires ou fausses renoncules… de fait il faut s’allonger sur le sol pour apprécier pleinement leur charme modeste… ce qui vous l’avouerez est paradoxal pour des espèces botaniques ancillaire

 

Pour ne pas donner libre cours à mes mauvais penchants je n’évoquerai pas les visions d’horreur que ménagent les abords du lavoir des Fieux transformés, à la faveur d’un vaste parking, en latrines et dépôt d’ordures, je ne parlerai pas davantage de ce cadavre de buse truffée de plombs, le deuxième découvert dans ce secteur en à peine un mois,…

Derrière le décor d'Épinal... la zone...dont je vous épargne la vision!

La bêtise et la violence dominent  le monde… pourquoi pas la Dordogne ?

 

Christian-Alain Carcauzon le 2/3/2009 20h40

 

(1)               (si les chiennes avaient une âme, comme le contestait avec véhémence l’été dernier, à St Pardoux de Mareuil, un curé persuadé qu’elle n’avait, pas plus qu’un chêne, sa place en paradis)

(2)               Pour les paléogéographes comme pour leurs homologues contemporains l’appellation de la rivière nord périgourdine est un vrai casse-tête car Nizonne ou Lizonne a été alternativement employée pour la désigner au fil des siècles . De guerre lasse, aujourd’hui, leurs  modernes successeurs optent pour l’hydronyme Nizonne de la source du cours d’eau à La Rochebeaucourt et celui de Lizonne correspondant à son cours aval délimitant la frontière avec le département de la Charente.

 

 



Article ajouté le 2009-03-02 , consulté 72 fois

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