VERSION ORIGINALE
En v.o: Pierre-Lucien Bertrand ne perd pas le nord ! Parce qu’en 2007 la célébration du centenaire de la mort d’Eugène Le Roy dopera, à coup sûr, la vente des livres du romancier périgourdin l’éditeur du Bugue inscrit, après bien d’autres, ceux-ci à son catalogue. Le moulin du Frau est le premier ouvrage de la collection. Le lecteur le découvrira en version originale, celle de sa parution, sous la forme d’un feuilleton, dans les colonnes du journal L’Avenir de la Dordogne en 1891.Trois ans plus tard, la première mouture librairie, adoptée lors des multiples rééditions successives, sera, amputée par l’auteur lui-même, d’une cinquantaine de pages truffées de passages en occitan. Avec cette restitution des textes éliminés PLB réalise un coup de maître qui ravira les bibliophiles et les zélateurs du barbu de Montignac sur Vézère ! Une question se pose cependant ; retrouvera-t-on dans les autres titres de la série ces petites remarques assassines distillées sans fausse honte, au fil des chapitres, par le républicain franc’mac et le colonialiste sans repentir, vaguement antisémite et xénophobe par ailleurs … et qui lui vaudraient aujourd’hui des déboires judiciaires ? Dans l’année rustique en Périgord Le Roy n’hésite pas, en effet, à vilipender « la tribu des Rothschild » ainsi que « les odieux et les rastaquouères » tandis que dans Mademoiselle de la Ralphie, roman que PLB compte sortir prochainement, il trace un portrait édifiant des africains qui sont « des hommes tout noirs… avec des cheveux comme de la laine, de grosses lèvres comme des bords de pot de chambre. » Chantre des valeurs morales réactionnaires de la ruralité, l’auteur de Jacquou le croquant aurait pu être un ardent propagandiste des idéaux de la France Maréchaliste et de son idéologie d’exclusion.

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