Périgord découverte : une publication dédiée aux clichés et aux informations hasardeuses!

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 pages sur papier glacé, le magazine gratuit intégralement en couleurs Périgord découverte est diffusé à 250 000 exemplaires dans toute la Dordogne. La publication, soutenue par le CG24 bien entendu, propose au touriste de passage chez les croquants de l'accompagner et le guider dans sa découverte du Pays de l'Homme . Noble objectif pour cet annuaire qui recense tout ce qui se partage, de la table au lit en passant par les sites naturels aménagés, les fleurons du patrimoine archéologique et les activités occupationnelles, contre espèces sonnantes et trébuchantes  quitte à transformer les malheureux visiteurs en cochons payants !

Deux chroniqueurs , MM  Michel Grégoire et Jean-Charles Pouyot ont rédigé, d'une plume  parfois besogneuse qui fait la part belle aux clichés et aux poncifs en vigueur, les textes thématiques de présentation incitant à la lecture de centaines d'encarts publicitaires. Dans le flot des informations incertaines se repèrent aisément  quelques  perles.  Les pages titrées La vallée de l 'Homme, vallée de la Vézère, n'en sont pas exemptes comme l'atteste ce florilège sans prétention à l'exhaustivité.

 « Située sur la commune de Montignac et découverte par hasard en 1940 , par quatre bambins (grâce à leur chien Robot) la majestueuse grotte de Lascaux. » Cette phrase nominale qui laisse le lecteur sur sa faim et le plonge dans un abîme de perplexité  lui  apprend cependant que le véritable inventeur du sanctuaire est un clebs du genre Dagobert, le chien sympa et membre à part entière du fameux club des cinq qui fit la célébrité méritée d'Enid Blyton.

L'implication de Robot dans l'exploration de la cavité ornée des plus fabuleuses fresques préhistoriques, aujourd'hui à l'agonie, est une pure légende journalistique diffusée dès l'annonce de la découverte et, en dépit de mises au point et de démentis mille fois répétés … il se trouve toujours des plumitifs pour lui redonner une nouvelle jeunesse. En revanche, c'est sans doute la première fois que le monde, apprend, stupéfait, que les spéléos improvisés ayant révélé  l'existence de ce chef d'œuvre de l'humanité … n'étaient autres que des « bambins ».  Drôles de bambins que ces drôles là ! À l'époque Marcel Ravidat avait 18 ans et sans doute, les 15 ans de l'un des plus jeunes, Jacques Marsal, devaient déjà tourmenter cet ado élégant dont le charme attirait certainement les demoiselles !

Quelques lignes plus loin les auteurs  qui trébuchent parfois sur les difficultés de la langue (1) suggèrent au promeneur de « poursuivre (ses) pas… » jusqu'au Musée National de Préhistoire « Encastré dans la falaise » (sic) avant de visiter l'Abri Pataud préparation nécessaire à un autre choc émotionnel puisque, « sur l'autre rive » ils lui promettent de découvrir « comme des archéologues émerveillés » les gisements de Laugerie haute et basse. En guise de source d' enchantement on peut facilement trouver mieux que ces austères empilements de couches archéologiques qui n'excitent guère que les spécialistes des cultures matérielles du paléolithique !

L'enthousiasme des deux rédacteurs est moins manifeste lorsqu'il s'agit pour eux d'évoquer  les oeuvres rupestres des grottes des Combarelles  et de Font de Gaume, authentiques et émouvants témoignages artistiques et spirituels légués par les chasseurs de rennes et véritablement les seuls sites essentiels des Eyzies. L'exceptionnelle grotte  « des cents (sic) mammouths de Rouffignac » est simplement gratifiée, quant à elle, du label « mérite le détour ». L'explication d'une telle retenue est évidente : ses exploitants n'ont pas acheté d'espace publicitaire !

Le touriste pourra éviter, même si on le presse de faire le contraire, la grotte du Grand-Roc où « le temps a donné ses cristallisations les plus magiques : stalactites, stalagmites, aragonites, fistuleuses… » comme l'assurent les 2 cicérones qui ignorent que l'aragonite, n'est pas une forme de concrétionnement mais tout bonnement, avec la calcite et le gypse l'un des trois minéraux constitutifs de ces formations souterraines.

« À  Audrix le gouffre de Proumeyssac, spectaculairement mis en lumière, est encore un cadeau de la nature fait à l'Humanité » De manière plus pragmatique et moins dithyrambique on constate simplement que c'est surtout une manne financière appréciable pour ses propriétaires… soit, au pied de la lettre, un vrai « Gouffre à pognon » !

Bref Périgord découverte  et les informations qu'il diffuse sont à prendre avec des pincettes mais la publication répond parfaitement cependant à sa vocation de «  pompe à phynance »  ! Et c'est cela qui importe au final et avant tout dans un département qui a définitivement vendu son âme au tourisme.

Ch.C le 5/8/2009 13h30

 

(1) et qui peinant avec l'étymologie attribuent au toponyme Le Moustier une origine exclusivement occitane alors que ce substantif dont les variantes se retrouvent ailleurs qu'en France vient du latin tardif monisterium pour monasterium qui signifie "monastère."

Périgord découverte n'est pas l'unique média a revisiter la belle histoire de la découverte de Lascaux. http://www.lepoint.fr/culture/2007-12-04/lascaux-chef-d-oeuvre-en-peril/249/2/727/1/ révèle aux lecteurs de ses pages numériques consacrées à la caverne montignacoise que « le 21 septembre (1940), le premier préhistorien présent sur les lieux pour authentifier le site n'est autre qu' Henri Dubreuil » C'est sûr,  qu'Henri Breuil, le Pape de la préhistoire, va se retourner dans sa tombe !



Article ajouté le 2009-08-17 , consulté 60 fois

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