Angoisse
Angoisse : Ecrivain polygraphe reconnu le périgourdin Pierre Thibaud est aussi, à coup sûr, un homme de culture. Spectacles, performances, expositions… son appétit de découverte est tel qu’il ne néglige aucun événement artistique se déroulant dans son pays d’Auvézère. En la matière, toutefois, on sent bien à lire les chroniques qu’il adresse régulièrement au quotidien Sud-Ouest, que son regard s’attarde surtout sur les créations contemporaines et qu’il aurait tendance à les revêtir d’un FRAC beaucoup trop ample pour elles ! Autrement dit à habiller généreusement de mots affectés des œuvres étiques dont le minimalisme est soigneusement dissimulé par une notoriété spécieuse.
Il y a quelques mois, l’auteur, qui ne résiste pas au plaisir de l’expression à la première personne du pluriel, avait découvert, à la librairie du Centre Beaubourg, les photographies d’un certain Edouard Levé. Des images d’une banalité paroxystique faites pour le constat d’huissier et soucieuses d’écarter toute évocation anecdotique. Vraisemblablement si ces prises de vues, réunies dans un ouvrage aujourd’hui épuisé, n’avaient pas concerné le village d’Angoisse proche de Payzac où réside Pierre Thibaud, ce dernier ne leur aurait accordé qu’une médiocre attention. Jusqu’au 7 janvier prochain les photos d’Edouard Levé sont exposées, non pas dans le bourg où elles furent prises, mais à Saint-Yrieix-la-Perche dans le département voisin. Le correspondant de Sud-Ouest avoue son étonnement devant la dimension imposante de tirages ayant conservé toute leur finesse et leur contraste et dont la thématique « refuse le pittoresque et brouille les pistes » ; il regrette aussi l’absence de la moitié du travail de l’artiste sur Angoisse, une sélection trop draconienne qui « paraît insuffisant(e) pour satisfaire l’intérêt que l’on doit porter à ce (créateur) dérangeant et attachant».
Dommage, certes que cette exposition tronquée n’ait pas permis de « replacer l’œuvre dans l’itinéraire pictural du photographe » … mais à en juger par la série «rêves », du même plasticien, présentée à la galerie Loevenbruck à Paris , le public Arédien peut s’estimer heureux d’avoir échappé… au vide !

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