l'Hirondelle fera la rentrée judiciaire
L'hirondelle fera la rentrée judiciaire
Les 5 espèces d'hirondelles présentes en France bénéficient de la loi sur la protection de la nature de 1976 ; Parmi celles ci 2 sont menacées d'extinction ; l'hirondelle rustique qui en seulement 15 ans a perdu 34% de sa population à cause des dérives de l'agriculture productiviste et l'hirondelle de rivage victime des pesticides et de l'exploitation intensive des sablières.
L'avenir de l'hirondelle de fenêtre est encore plus alarmant puisque dans le même temps ses effectifs auront fondu de 84%. Les spécialistes ont identifié les causes principales de cette dramatique évolution ; l'inhospitalité des façades des maisons modernes et la pollution atmosphérique. D'autres observateurs estiment que la disparition de vieux quartiers parsemés de coins humides et de petites friches, la raréfaction des abreuvoirs à bovins et des mares et l'aseptisation progressive des espaces ruraux sous la pression des résidents secondaires privent les oiseaux d'un élément essentiel pour la construction du nid : la boue
De ce fait, sur la totalité du territoire national, leur destruction, celle de leurs œufs et de leurs nids, leur mutilation ou leur capture sont strictement interdites.
Malgré tout, chaque année, des milliers d'entre-elles sont condamnées à une mort certaine à l'occasion de travaux de rénovation ou d'entretien immobiliers. C'est ce qui est arrivé, au début de l'été, à six couples et à leurs couvées dans la bourgade de Saint André de Double. En voulant nettoyer la façade de la salle polyvalente de la localité un employé municipal a détruit, en toute connaissance de cause, 6 nids occupés accrochés à l'avant-toit de l'édifice. Informé de cet acte inconsidéré les gardes-chasse ont constaté la réalité des faits et dressé un procès-verbal transmis ensuite au parquet. La SEPANSO Dordogne s'est également saisie de cette affaire et, en se constituant partie-civile, a porté plainte pour « destruction de nids, d'œufs et de jeunes oiseaux appartenant à des espèces protégées ». L'employé municipal qui pourrait être renvoyé en correctionnelle a reçu le soutien de madame le Maire Nicole Fallacher. Benoîtement l'élue se déclare surprise des proportions prise par ce qu'elle considère juste comme un incident mineur. S'attachant à le relativiser elle semble n'y voir que le geste regrettable, mais pas condamnable, d'un agent trop zélé « qu'elle ne laissera pas tomber »
Le législateur a beau proclamer que « nul n'est censé ignorer la loi » il lui suffira d'aller faire un petit tour à Saint-André-De-Double pour se convaincre du contraire !
Ch.C.
Pour ce texte l'illustration sera bien sûr le nid d'hirondelle

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