Quand la SNCF roule pour les transporteurs routiers
LA SNCF ROULE POUR LE LOBBY DES TRANSPORTEURS ROUTIERS
L'intérêt du transport ferroviaire n'est plus à démontrer ; en termes économiques et environnementaux, comme au plan de la sécurité, il est sans conteste préférable au transport routier… au point qu'on se demande pourquoi il n'a pas été, sous le ministère Voynet, en particulier, conforté par l'adoption généralisée du ferroutage sur l'ensemble du territoire ?
En toute logique, la pollution de l'air engendrée par les gaz d'échappement émis par les camions, le renchérissement et la raréfaction du carburant et l'asphyxie programmée des grands axes de circulation condamnent à brève échéance la filière route. Pourtant, sur le terrain, c'est la politique du « tout pour le bitume » qui continue à s'imposer. Depuis quelques années déjà la SNCF s'est engagée dans un plan de démantèlement systématique de l'affrètement ferroviaire qui s'est traduit, rien que pour cette année, par la suppression de 2529 emplois ; et, comme pour dissuader ses clients traditionnels de prolonger leur partenariat et décourager de nouveaux candidats d'avoir recours à ses services, elle vient, en tout juste 24 mois, de relever ses tarifs de 62%. Résultat, le volume d'activité de l'entreprise, qui ne mérite plus guère le N de son sigle, s'effrite rapidement.
En Dordogne elle vient de perdre le marché des Papeteries de Condat-Le-Lardin dont la production est à la hausse. Chaque année ce ne sont pas moins de 450 000 tonnes de matières premières qui sont livrées à l'entreprise et tout autant de produits finis qui quittent les quais de l'établissement. Pour faire face à un accroissement d'activité, les papeteries avaient financé, à hauteur de 400 000 € la rénovation de l'embranchement ferroviaire desservant le site. L'opération dont le coût total s'élève à 2 600 000 € se solde, aujourd'hui, par un véritable gâchis car l'augmentation insupportable des tarifs imposée à l'entreprise l'aura conduite, à renoncer, à contrecœur, aux wagons au profit des poids lourds. Depuis la mi-septembre 40 camions supplémentaires engorgent quotidiennement les rues de Condat qui n'en demandaient pas tant ! Comble de malchance les riverains devront longtemps encore supporter cette augmentation du trafic puisque, entre La Bachellerie et Terrasson, l'ultime tronçon de l'A 89 ne sera mis en service qu'en 2007.
Cheminots Cégétistes et direction des papeteries de Condat ont d'une même voix dénoncé cette stratégie d'abandon du transport ferroviaire, inspirée, selon les premiers, par la « politique ultra libérale du gouvernement » Louis Gallois à qui ils ont demandé « d'inverser la vapeur »ne devrait changer son fusil d'épaule pour autant. L'œil rivé sur l'autoroute les élus locaux n'ont pas, pour leur part, jugé utile de s'inquiéter de cette dérive. Les ASF devraient donc continuer à tailler des croupières au chemin de fer en toute tranquillité ! Pour le plus grand profit des transporteurs !
Ch.C

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