Les quads déferlent sur l'Auvézère
À La Genèbre, petit hameau des confins du Périgord noir où Nicolas Rambourt, le maître architecte du château de Hautefort, construisit, dans la première moitié du XVIIème siècle, son harmonieuse demeure (1), un village de gites dont l’intégration paysagère ne fait pas l’unanimité s’est récemment implanté.
Parmi les multiples activités de loisir que proposent à leurs clients les gérants de l’établissement figurent les incontournables randonnées en quads. Les sites sublimes et jusqu’à maintenant préservés de ce pays d’Auvézère voient désormais déferler, dans un assourdissant vacarme et des nuages de gaz d’échappement, des files d’engins motorisés dont la loi Olin interdit pourtant le pilotage dans les mileux naturels…
Parmi les circuits établis, ceux-là mêmes qui seront peu à peu désertés par les marcheurs, cavaliers et vététistes, peu soucieux de se confronter aux pollutions engendrées par des véhicules aux allures de tondeuses à gazon autoportées soviétiques, figure une « Rando 100 dessus-dessous »
Cette boucle de 35 kms emprunterait, si l’on en croit une photo publiée sur le site http://www.hautefort-quad-dordogne.com/quad-dordogne-100dd.htm le tunnel ferroviaire désaffecté de Saint Raphaël d’Excideuil . Il ne fait guère de doute que, si tel est bien le cas, les chauves-souris qui affectionnent le refuge n’auront plus qu’à se faire la malle !
Vis à vis des sports et des loisirs motorisés on sait que le CG24 mène une politique complaisante et qu’il s’exonère de ses responsabilités environnementales et règlementaires depuis qu’il a promu, tartufferie sans nom, son « Code de bonne conduite du randonneur ». L’édiction de ce contrat, pur chiffon de papier, prétend pacifier les rapports de plus en plus tendus entre les usagers respectueux de l’environnement et les hordes motorisées invasives . En creux, il avalise, hélas, une pratique illégale attentatoire aux biotopes les plus secrets du fameux et inénarrable « Pays de l’homme » !
(1)nous y passâmes il y a 25 ans de merveilleuses soirées entre amis à énoiser, face à l'unique cheminée de sa pièce principale au sol de pisé (Le pisé ne désigne pas en Périgord une technique de construction en terre, mais un pavement constitué d’une mosaïque de galets souvent rythmé, comme à la Genèbre, par d’harmonieuses compositions géométriques ou figuratives)

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