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Jovelle, chronique d’une disparition annoncée !

 

Jovelle, chronique d'une disparition annoncée !

Fin 2008 le conseil général de la Dordogne, nouveau propriétaire de la grotte de Jovelle acquise dans des conditions opaques (1), procédait à de premières interventions sur ce site découvert (2), au sud-ouest de La Tour-Blanche en novembre 1983.

Avant de le clôturer dans le but, paraît-il, de protéger d'exceptionnelles gravures animalières paléolithiques partiellement masquées par un sol d'une remarquable richesse archéologique, les services de l'exécutif départemental commandaient un débroussaillement total des abords de la cavité. Résultat le couvert végétal qui, tant bien que mal, préservait  jusqu'alors des intempéries des figurations vieilles d'au moins 25 000 ans et plus peut-être,  a disparu laissant celles-ci exposées à la canicule, à la pluie et bientôt aux effets, en période hivernale, de la cryoclastie ou gélifraction.

Chacun, désormais, peut constater, à travers le grillage ceinturant le porche, la dégradation de la zone vestibulaire exposée à la lumière du jour.

D'ci quelques mois, si aucune mesure de protection n'est mise en oeuvre, les dégâts occasionnés aux parois nord du porche gravées de mammouths, bovinés, équidés caprinés, seront irréversibles. Le formidable message artistique et spirituel légué par les chasseurs-cueilleurs aurignaciens ou gravettiens aura été emporté définitivement par l'érosion des supports rocheux.

Le CG24 qui, avec l'exploitation de Lascaux 2, a condamné à mort «  la chapelle Sixtine de la préhistoire » n'en est plus il est vrai à une atteinte supplémentaire au patrimoine de l'humanité !

Le financement du PIP, officine dont les ambitions immobilières et le coût salarial de son inutile personnel pléthorique obèrent en la matière le budget départemental, rend sans doute accessoire la sauvegarde de Jovelle, sanctuaire qui, en raison de son rarissime intérêt scientifique, est pourtant la plus précieuse grotte ornée du bassin de la Dronne. Bien avant Villars !

 

Ch.C le 7/10/09

Article 322-2 du code pénal

Quiconque (CG24 y compris) détruit ou dégrade une découverte archéologique est passible de peines pouvant
aller jusqu'à 300 000 F d'amende et 3 ans d'emprisonnement.

Ô dérisoire vanité du classement Monument historique de cette cavité par les pitoyables histrions du futile Ministère dit de la "Culture" (sic) plus soucieux, en réalité, de financement d'un Luna-park minotier, celui de La Coulaude distant de 2 km, défendu bec et ongles par le maire de  La Tour Blanche ,  que de la préservation d'un site d'où émergea l'art occidental !

 

(1)   L'ancien propriétaire semble avoir été roulé dans la farine lors de la transaction et il est impossible 3 ans après l'acquisition de trouver sur le site Internet du CG24 le moindre document attestant cette opération dont le coût financier, dérisoire dit-on pour la collectivité, représenterait à peine 6 mois de salaire du sénateur Cazeau prétendent certains.

(2)     Par Christian Carcauzon

 Jovelle : La machine à remonter le temps consulté 2250 fois depuis son classement en archives. Nombreuses illustrations en ligne.

 



07/10/2009
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