Jovelle
Voir aussi, sur ce même blog notre texte trés illustré Jovelle : La machine à remonter le temps qui présente 25 ans de découvertes archéologiques sur cet exceptionnel site archéologique du Périgord Blanc.
Jovelle : acquisition imminente
Envisagé il- y a déjà 7 ans, tenu pour certain en 1999 avec l'inscription du financement de cette opération au budget départemental, l'achat de la grotte de Jovelle par le conseil général de la Dordogne deviendra finalement effectif avant la fin de cette année 2003.
« Dans ce genre de dossier il faut savoir être patient ! » déclare Serge Maury, l'archéologue départemental, qui a fait preuve, en cette affaire, d'une ténacité sans faille !
Dernières visées des géomètres bouclées depuis le début octobre, ultimes négociations financières (1) conclues entre l'administration départementale et le propriétaire du site, M Elie Busca, rien désormais ne devrait plus entraver l'acquisition du sanctuaire paléolithique dont le décor rupestre gravé fut découvert il y a tout juste 20 ans par notre collaborateur Christian Carcauzon.(2) La Grotte de Jovelle, creusée sous les ruines d'un château féodal édifié au sud-ouest du bourg de La Tour Blanche, constitue un élément important du patrimoine mondial de l'humanité. Dés 1986 le ministère de la culture en soulignait l'exceptionnel intérêt artistique, et archéologique ! La caverne, en effet, n'est pas qu'une grotte ornée de plus en Périgord ; elle conserve aussi, au sein des ses strates sédimentaires qui, parfois, recouvrent, jusqu'à les occulter, de très nombreuses figurations animalières pariétales, toute la mémoire multi-millenaire de nos ancêtres de la fin du paléolithique moyen à l'époque médiévale.

Une véritable aubaine pour les fouilleurs des décennies à venir qui trouveront, dans un sol archéologique intact, comme l'était celui de la grotte de Pair-Non-Pair à Marcamps en Gironde, étudié patiemment de 1881 à 1913, par le préhistorien François Daleau, les matériaux scientifiques grâce auxquels ils affineront notamment leur vision des cultures matérielles et spirituelles des chasseurs de rennes et celles des premiers pasteurs et agriculteurs établis dans le bassin de la Dronne.
Immédiatement après l'annonce de la découverte la direction régionale des antiquités préhistoriques d'Aquitaine avait pris, dans l'urgence, des « mesures conservatoires » : pose d'une clôture et couverture par bâches plastiques de rochers gravés gisant à l'extérieur du porche. Le grillage,aujourd'hui bien malmené par des chutes d'arbres occasionnées par la tempête de 99, n'avait pas suffit à interdire ou limiter les visites sauvages, voire glanes et sondages clandestins, pas plus que les bâches n'assuraient une protection efficace des blocs contre les intempéries.
Voilà pourquoi Jovelle figurait depuis plusieurs années en tête de liste dans le « Livre Blanc » des sites archéologiques départementaux a protéger en priorité. Ce document, réalisé sous la direction de Serge Maury et diffusé auprès des élus territoriaux géographiquement concernés
Répertorie, en fonction de leur intérêt et des périls qui les menacent, tous les éléments du patrimoine
dont le conseil général pourrait se rendre propriétaire à court et moyen terme.
« Sauvegarder et valoriser les sites retenus relève de la responsabilité de la puissance publique ; avec l'acquisition de la grotte le conseil général, soutenu par l'état, innove ; Jovelle sera, une locomotive qui permettra d'aller plus loin ! Après l'achat il sera possible, très certainement dés 2005, de mettre, dans un premier temps, hors d'eau et hors gel le porche ainsi que les parois effondrées de l'ancienne zone vestibulaire de la caverne qui, pour partie, sont gravées. Bien plus tard, une fois que les fouilles auront été achevées, une reconstitution de l'entrée pourra être entreprise grâce à un assemblage des blocs volumineux qui reposent sur le sol ; mais il est sûr que ça je ne le verrais jamais. »

Pour tempérer ses regrets et les nôtres l'archéologue départemental imagine cependant une prochaine présentation au public, à l'intérieur de la carrière souterraine sous jacente, d'un fac-similé des gravures ; mammouths, bison, cheval, bouquetin… 17 figurations animalières
actuellement visibles qui, par comparaison stylistique, semblent avoir été tracées sur la roche au solutréen ancien ou plus vraisemblablement au gravettien. Il y a quelque chose comme 22 ou 25.000 ans !
(1) Après les démêlés judiciaires de la lamentable affaire de la grotte Chauvet ou les agents du ministère de la culture se seront distingués par leur mauvaise foi et leur mépris des propriétaires de la cavité, il n'est plus guère possible pour l'état d'acquérir une grotte ornée au prix d'un arpent de causse pierreux ; s'agissant de Jovelle le conseil général de la Dordogne a fait droit aux demandes de M Elie Busca lésé initialement par une estimation de l'administration des domaines confinant à l'indécence !
(2) Ce dernier, par ailleurs, devait révéler, tout au long de la décennie 80, l'existence d'autres grottes ornées par les chasseurs de rennes du paléolithique supérieur : celles de Fronsac à Vieux-Mareuil, de Bargeix à Champeaux et de La Croix à Condat/Trincou.
Découvert en 1983 par Christian Carcauzon (1)
http://argentine24.blog4ever.com/blog/lirarticle-1935-293534.html l'exceptionnel décor gravé paléolithique de la grotte de Jovelle (La Tour-Blanche) devait motiver, 6 ans plus tard, l' inscription de la cavité aux Monuments Historiques. Le site, sans cesse occupé depuis sans doute 25 millénaires conserve dans son sol archéologique les traces des cultures matérielles des chasseurs paléolithiques, des métallurgistes et des pasteurs agriculteurs de l'Age du Bronze, comme celles des populations gauloises, gallo-romaines et médiévales qui devaient leur succéder. Les parois de la cavité abritent surtout, près de l'entrée, tout un ensemble de figurations, animalières essentiellement, parmi lesquelles les mammouths sont numériquement dominants mais où les représentations d'équidés, de bovinés et de capridés ne sont pas absentes.
Depuis 25 ans l'accès à la caverne était défendu par un grillage peu dissuasif À la suite de la tempête de 1999 il ne jouait plus aucun rôle de protection, un grand arbre ayant créé une brèche propice à des incursions sauvages attestées par de nombreux cratères de fouilles clandestines.
Nous avons, par l'intermédiaire de nos différents blogs, dénoncé à plusieurs reprises cet état de fait. C'est peut-être ce qui a incité le Conseil général, nouveau propriétaire, a intervenir en ce second trimestre 2008.

Faute d'enveloppe budgétaire suffisante (il est bien connu que le Pôle International (sic) de Préhistoire, la danseuse du Président Cazeau est une structure aussi coûteuse et dépensière qu'inutile) la nouvelle clôture implantée ces dernières semaines après un débroussaillement périphérique ne s'avère pas plus infranchissable que la précédente.
Accroché à quelques piquets de bois, un simple treillis de jardin ne résistera pas longtemps aux amateurs de poteries et de silex abondants dans la grotte. Mieux, il n'est pas nécessaire de commettre une effraction en soulevant le grillage ou en l'éventrant à la pince coupante : les deux portes d'accès s'escaladent sans grand effort et comme pour faciliter l'opération leurs cadres métalliques ne comportent pas de herses.
Les visiteurs non autorisés peuvent aussi, nuitamment, les démonter purement et simplement : leur fixation sur les chambranles est extérieure…
Les dévisser est un jeu d'enfant !
Aussi mauvaise que le modèle original., la copie est à revoir !
(1) Ch Carcauzon devait également découvrir, parmi des centaines d'autres sites spéléologiques et archéologiques, les grottes ornées paléolithiques de Fronsac (IMH Vieux-Mareuil) , La Font Bargeix (IMH Champeaux & La Chapelle-Pommier) et La Croix (Condat-sur-Trincou)
Article ajouté le 2005-08-30 , consulté 448 foisCommentaires
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