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Il voit des meules partout !

 

Il voit des meules partout ! 

     Durant toute la période médiévale, et surement au delà (1), l'ensilage fut la technique de conservation des céréales la plus pratiquée même si le recours aux greniers sur pilotis n'est pas totalement à exclure.

     En Périgord les silos à fond plat ou non creusés dans le sol rocheux à l'intérieur ou à l'extérieur des innombrables sites troglodytiques aménagés dans les abrupts dominant les vallées de la Dronne, de la Vézère ou de la Dordogne, n'eurent pas d'autres fonctions que la préservation des récoltes, bien que certains archéologues imaginatifs aient vu en eux des «fosses à offrandes».

     M. André Guillin, un adhérent de l'ADRAHP (Association pour le Développement de la Recherche Archéologique et Historique en Périgord.) visiblement brouillé avec la bibliographie nous en propose aujourd'hui une nouvelle lecture.

     "Spécialiste" des tailleries de meules monolithes de moulins cet amateur de vieilles pierres, cédant vraisemblablement à sa passion et à des emballements préjudiciables à son  travail  publie, sur la toile, en ce début 2009, de surprenantes « fiches » (2) sur des vestiges rupestres déjà répertoriés et clairement interprétés par notre ami Christian Varailhon dès le début de la décennie 1990.

     Selon André Guillin les traces de creusement anthropiques conservées de part et d'autre d'un chemin d'accès à l'une des carrières excavant le massif calcaire de Beaupuy témoigneraient du travail d'extraction de meules. Analyse et conclusion curieuses puisque la forme ogivale  des pseudo cuves, baptisées « tours » résultant de cette activité… aurait du suggérer à l'auteur qu'il était plutôt en présence des ultimes traces d'une grange médiévale d'ensilage. Et c'est  certainement l'hypothèse qu'il aurait émise s'il s'était avisé de l'existence, à coté des fameuses « tours » d'un  trou de poteau et d'un 3ème silo !

     À proximité immédiate du Cluzeau de la carrière nord de Jovelle ces discrètes substructions rupestres appartiennent, évidemment, à un entrepôt à grain, aujourd'hui quasiment détruit, comparable à ceux dont nous avions, à proximité, révélé l'existence en 1985 dans le bois de Halas et à Mistoury, (3) .

     Certes le secteur de La Tour Blanche, sans pouvoir prétendre au statut de « bassin meulier »  a suscité l'activité de carriers accessoirement chargés d'extraire des horizons carbonatés du Turonien des meules monolithes : Les tailleries de Jovelle ouest, celles surplombant la grotte ornée (4) mais aussi la carrière récemment découverte par M & Mme Gabriel Duverneuil  ( photo ci-dessous) en témoignent de façon éloquente. Pour autant,considérer les fosses de Jovelle nord comme autant d'empreintes négatives de  meules relève, assurément, de la myopie (intellectuelle)!

 

Christian-Alain Carcauzon le 23/3/09 14h30

 

(1)   Le village et la maison au Moyen Age J.Chapelot & R. Fossier  p 116 Hachette littérature 1980

(2)   Meulières.eu : Atlas des meulières de France et d'Europe ...

(3)   Revue archéologique SITES N°36-37 1988 Ch ;Carcauzon  pp  25-40 plans, cartes fig…

(4)   Jovelle : La machine à remonter le temps

 Jovelle : La machine à remonter le temps consulté 2250 fois depuis son classement en archives. Nombreuses illustrations en ligne.

 

 



02/04/2009
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