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Grottes, carrières et chiroptères

Grottes et carrières  constituent autant de havres potentiels pour quantité de mammifères et il en va ainsi, bien sûr, pour la plupart des chiroptères Si toutes les espèces de chauves-souris cavernicoles n'adoptent pas un comportement grégaire beaucoup d'entre elles cependant se regroupent sous terre en colonies parfois étoffées comme dans l'aven de Paussac ou les spécialistes estiment leur nombre à plus de 7000 individus. Barbastelles, Minioptères de Schreibers, Grands Murins, Murins à oreilles échancrées, Grands et petits Rhinolophes et Rhinolophes Euryales séjournent volontiers dans ces cavités naturelles et artificielles plus ou moins profondes où accrochées aux voûtes les femelles mettent bas leur progéniture au début ou dans le courant de l'été. Strictement insectivores (1), sous nos latitudes, ces animaux désormais protégés se plongent en état d'hibernation durant la période hivernale qui les prive de ressources alimentaires.

Durant cette phase de léthargie les chauves-souris sont particulièrement vulnérables et, en aucun cas, il ne faut troubler leur sommeil car un réveil inopportun les contraint à puiser dans leurs réserves emmagasinées à la fin de l'automne alors qu'à l'extérieur l'absence d'insectes et donc de nourriture les condamne à brève échéance

Au plafond d'une carrière de La Tour-Blanche Photo Ch.C. 5/10/09

Les nombreuses et vastes carrières souterraines de La Tour Blanche abritent, naturellement elles aussi d'importantes populations de chiroptères qui, après le départ des derniers champignonnistes, se sont empressées de les convertir en gîtes (2). Elles y seraient en paix si des raveurs, grands amateurs de borborygmes musicaux assourdissants ne squattaient ces lieux de temps à autres.

Un nouveau péril les menace depuis peu car la gendarmerie investit régulièrement l'un de ces sites souterrains pour s'y livrer, groupe électrogène et  projecteurs à l'appui,  à des exercices de tir .

En matière de nuisances les chauves-souris ne doivent pas faire grande différence entre les activités tintamaresques des uns et des autres.

(1) "Le meilleur des insecticides naturels" selon A.Arthur et M.Lemaire auteurs d'un remarquable "Les Chauves-souris maîtresses de la nuit" chez Delachaux & Niestlé

(2) Une de celles-ci accueille une colonie forte de plusieurs centaines, voire milliers, d'individus (rinolophes et murins notamment) ; sans doute après l'Aven de Paussac la plus remarquable concentration de chiroptères du Périgord vert !

Lire aussi Le havre des chauves-souris en péril (583 visites)

Les chiroptères dont les femelles adoptent sous nos climats, l'ovulation différée s'accouplent en automne; il est donc un peu tard pour aller vérifier in situ, dans leurs havres souterrains, la véracité d'une (agréable) pratique sexuelle, la fellation (1) ,  qu'auraient en commun, selon des mammalogistes chinois et britanniques,  les chauves-souris les bonobos et les humains . Dès 2010 nous tenterons d'apporter nos propres contributions sur ce sujet tout juste défloré dans la presse et notamment dans les pages du quotidien « Le Monde » En l'attente du compte-rendu de nos futures observations il vous est possible de consulter ce reportage en cliquant sur le lien ci-dessous.

        

 http://sciences.blog.lemonde.fr/2009/11/04/la-vie-sexuelle-agitee-des-chauves-souris/

 (1) On ne sait pas encore si les mâles s'adonnent au cunnilingus.

Ch.C le 6 oct 2009



08/11/2009
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